Études de chutes
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Recherche

Cette proposition, menée conjointement par Michaël Allibert & Jérôme Grivel, propose d'explorer la notion de "chute", de la gamelle en skate–board à l'effondrement du monde.

La chute renvoie au caractère non–définitif des choses.
Elle nous fragilise et rend l'environnement moins rigide, moins évident.
Elle relativise les tentations modernes d'immortalité de nos corps, la permanence de nos structures, la soi–disant évidence de notre environnement connu.

La chute nous rappelle, parfois douloureusement, que rien n'est véritablement prédestiné et que les accidents sont des constantes fondamentales de notre parcours, des anomalies qui brisent la potentielle fixité morbide de nos évidences.

La chute est une sorte d'improvisation structurelle; elle propose de nouvelles formes (corporelles, architecturales etc.) en révélant les confrontations entre les forces en vigueur et la mécanique de l'objet auxquelles elles sont appliquées.
Il y a une dimension créatrice dans la chute; elle est le point de rupture d'un état d'être à un autre, le seuil d'une transformation immanente.
La chute est une frontière, l'état de chute un espace physique et temporel limitrophe entre ce qui est connu et ce qui ne l'est pas encore.
Au moment où elle advient, la chute est révélatrice des tensions, rapports de forces et liens sous–jacents entre les choses (la chute de la blague par ex.).

Une proposition protéiforme
En parallèle à cette notion de chute, Michaël Allibert & Jérôme Grivel, par leur spécificité disciplinaire et les lieux dans lesquels leurs travaux s'inscrivent habituellement, se posent avec ce projet la question des espaces de représentation et de la place du corps des spectateurs–visiteurs, deux obsessions communes.
Pour cela, ils travaillent à l'élaboration de plusieurs propositions chorégraphiques, plastiques et musicales qui peuvent être données séparément dans toutes sortes d'espaces, ou assemblées pour une configuration frontale.

La forme "éclatée" nous permet de continuer à creuser les questions liées à la proximité physique du public avec les oeuvres et les actants, la place et le statut du spectateur–visiteur au sein de ces oeuvres et la place et le statut de l'oeuvre elle–même suivant l'espace qui lui a été attribué.

La forme "assemblée" est une nouvelle appréhension de la frontalité après 3 créations hors plateau dans lesquelles le public était inscrit dans les espaces de représentation ou en très forte proximité.
Il s'agit pour nous de questionner ce que nous pouvons proposer aujourd'hui avec cette contrainte de format.





///////////////////////////////////// Équipe de recherche
Michaël Allibert
Jérôme Grivel